Syrie : L’ONU sert-elle encore à quelque chose ?
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Syrie : L’ONU sert-elle encore à quelque chose ?

14 mois que la révolte syrienne a débuté pour un sombre bilan de 12.000 tués (chiffres de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) et plusieurs milliers de disparus. Pas un jour ne passe sans qu’on n’entende parler d’affrontements, d’attentats et de morts. La communauté internationale a multiplié les appels au cessez-le-feu, a condamné vivement les […]

14 mois que la révolte syrienne a débuté pour un sombre bilan de 12.000 tués (chiffres de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme) et plusieurs milliers de disparus. Pas un jour ne passe sans qu’on n’entende parler d’affrontements, d’attentats et de morts. La communauté internationale a multiplié les appels au cessez-le-feu, a condamné vivement les massacres et n’a cessé de sanctionner le régime de Bachar el-Assad.

L’Organisation des Nations Unies a elle aussi vivement attaqué l’extermination de son propre peuple par le dictateur syrien, l’appelant à maintes reprises à mettre un terme à la répression.  Mais Assad n’écoute personne et comme l’enfant pourri-gâté d’un ancien dictateur qu’il est, il continue inlassable à n’en faire qu’à sa tête. Alors au bout de 7 mois, l’ONU (qui s’attendait peut-être à une attaque de l’OTAN, malheureusement en Syrie il n’y a pas de pétrole) va sortir de son chapeau sa fameuse résolution dont la force de dissuasion est inversement proportionnelle à celle de la bombe atomique.

Le 5 octobre la résolution est donc proposée et aussitôt déboutée, la faute au veto chinois et russe. Pas de problème l’UE va prendre le relais avec des sanctions qui s’accumulent à l’encontre de l’entourage d’el-Assad et de diverses entreprises. Le succès qu’on l’on connaît va obliger l’ONU à proposer une nouvelle résolution, morte-née mais tout de même soumise au vote du Conseil de sécurité. Nouvel échec vivement dénoncé par les occidentaux. Il faut savoir que la résolution voulait tout de même «condamner les violations flagrantes» des droits de l’homme par le régime syrien. Voilà qui aurait eu pour effet immédiat la fin d’une révolte réprimée dans le sang…

Les diplomates vont alors se torturer l’esprit, réunis dans les bureaux de Manhattan. «Mais comment mettre en place un plan infaillible» penseront-ils ? Eureka ! «On laisse les russes tranquilles avec les tchétchénes, que le chinois fassent ce qu’ils veulent des tibétains pendant un bout de temps, et comme ça nous on peut embêter Bachar !» Les diplomates auront vu juste, c’est la naissance du plan Annan le 12 avril dernier. Parmi les 6 points du texte , le plus important est évidemment celui qui concerne la fin des violences par toutes les parties.

Bachar el-Assad accepte le plan et ni une ni deux s’en va fêter çà à Homs où il bombarde quelques citoyens. Mais l’Organisation des Nations Unies n’est pas du genre à se laisser faire. Elle envoie illico 189 observateurs non-armés pour surveiller l’application du cessez-le-feu par les deux parties (les rebelles ayant aussi accepté le plan). Bilan, 900 morts dont 700 civils depuis l’arrivée des observateurs. C’est dans la moyenne.

Près d’un mois après l’application de la résolution, plus grand monde n’y croit. «La confiance dans les efforts de l’émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement» a déclaré le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal. «L’échec du plan est probable» a affirmé le ministre sortant des Affaires Étrangères Alain Juppé. Bref, nouveau raté de l’ONU. Prochaine étape, régler le conflit sur Call of Duty ? Nul ne le sait encore, mais devant la succession d’échecs on peut légitimement se demander aujourd’hui, l’ONU sert-elle encore à quelque chose ?

 

A LIRE AUSSI SUR MENLY :

- Matignon : Jean-Marc Ayrault, évidemment 

- La France perdra près de 60 milliards d’euros si la Grèce quitte la zone euro 

Votre avis nous interesse