Archives Ancien Menly Mis à jour le 14/03/2012 Rédigé par Julien Maron

Nicolas Sarkozy sur Europe 1 : « Je suis de sang-mêlé, je suis venu d’ailleurs »

Ce matin, Nicolas Sarkozy était l’invité d’Europe 1. Véritablement en tournée depuis l’annonce de sa candidature, le président est désormais parfaitement rodé à l’exercice. Il prend possession des locaux et semble à son aise. Devant Jean-Pierre Elkabach, le président de la République enchaîne les réponses mi-vérité mi-mélodramatique, il plaisante avec les chroniqueurs/humoristes de l’émission. En […]

Ce matin, Nicolas Sarkozy était l’invité d’Europe 1. Véritablement en tournée depuis l’annonce de sa candidature, le président est désormais parfaitement rodé à l’exercice. Il prend possession des locaux et semble à son aise. Devant Jean-Pierre Elkabach, le président de la République enchaîne les réponses mi-vérité mi-mélodramatique, il plaisante avec les chroniqueurs/humoristes de l’émission. En somme, ça ne change pas énormément de ses précédentes sorties médiatiques si ce n’est pour quelques phrases plutôt savoureuses.

Les sujets de discussion entre le journaliste et le candidat auront été nombreux. On passe, ainsi, de l’immigration à l’évasion fiscale en passant par les autres candidats, les derniers soutiens ou encore les sondages.

Sur le thème de l’immigration, sorte de marronnier des campagnes présidentielles, le président adopte une posture que l’on ne lui connaissait pas encore : « Je suis de sang-mêlé, je suis venu d’ailleurs ». Il explique qu’ainsi il sait ce qui est bon pour le pays : « Si nous accueillons trop de monde, nous ne pouvons plus intégrer. Nous ne pouvons pas accepter une immigration qui ne serait fondée que sur l’appétence pour les aides ».

Même problème mais dans le sens inverse. Les exilés fiscaux sont également dans la ligne de mire du président : « Il y a des gens qui sont bien contents d’avoir la nationalité française et pas la fiscalité, ça ne doit pas être possible ». En gros, le chef de l’Etat n’aime pas que les riches quittent le navire alors que les pauvres grimpent dedans ».

Après l’annonce du ralliement de Jean-Pierre Chevènement à François Hollande, le Président est revenu sur les forces éparpillées au sein des différentes formations politiques et sur celles-qui l’ont rejoint. Après Christine Boutin et Hervé Morin, c’est le retour de la fille prodigue, Rachida Dati, qui fait jaser : « Je lui ai dit, j’ai besoin de tout le monde dans la campagne. Elle peut être un symbole et apporter sa force. Elle a bien mieux à faire que de critiquer tel ou tel. Des choix ont été faits par l’UMP, notamment celui de François Fillon, je n’y reviendrai pas. Mais que Rachida Dati prenne sa part sans la campagne, c’est très bien ». Mais alors que, Jean-Louis Borloo pourrait très bientôt annoncer son ralliement à la majorité présidentielle, Rama Yade, elle, boude toujours dans son coin : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, c’est comme ça. Il ne faut pas non plus pleurer sur le lait renversé. Chacun fait ses choix, assume ses responsabilités et a sa conception de la fidélité, je n’ai pas de jugement à porter ».

Nicolas Sarkozy se dit même prêt à discuter avec Dominique de Villepin. Preuve de son désespoir ou juste d’une volonté inébranlable de l’emporter. Après, le faux buzz du ralliement de l’ancien premier ministre, le chef de l’Etat revient sur son meilleur ennemi : « Tout ce que je dirai sera mal interprété ou sur-interprété . La décision d’être candidat à la présidentielle est une décision personnelle. Dominique de Villepin fera un choix. À partir du moment où il aura fait ce choix, je serai bien sûr très heureux de discuter avec lui ».

Enfin, Nicolas Sarkozy a, une nouvelle fois, joué la carte calimero, teinté d’auto-satisfaction : « J’ai tout donné. J’ai connu en cinq années de mandat, quatre années de crise. J’ai essayé de tout donner pour protéger les Français. J’ai également dit que j’avais encore tout à donner. Je veux, après avoir apporté des réponses à la crise financière, apporter des réponses à la crise économique ».

Votre avis nous interesse