Marion Maréchal-Le Pen, présidente en 2022 ?
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Marion Maréchal-Le Pen, présidente en 2022 ?

A seulement 22 ans, Marion Maréchal-Le Pen est devenue hier soir la plus jeune députée de l’histoire de la Vème République. Et si sa victoire fait beaucoup du bruit avec le retour du FN à l’Assemblée Nationale, certains s’interroge sur la possibilité de voir un jour une Le Pen au pouvoir. Héritière désignée du clan  […]

A seulement 22 ans, Marion Maréchal-Le Pen est devenue hier soir la plus jeune députée de l’histoire de la Vème République. Et si sa victoire fait beaucoup du bruit avec le retour du FN à l’Assemblée Nationale, certains s’interroge sur la possibilité de voir un jour une Le Pen au pouvoir. Héritière désignée du clan  familial, Marion Maréchal-Le Pen profitera  de la politique de dédiabolisation que mène Marine et surfera sur la vague des bons résultats de son parti. Au point d’être élue à le tête de l’Etat en 2022 ?

C’était le 2 janvier 1956. Jean-Marie Le Pen, ancien combattant en Algérie, devient à 27 ans le plus jeune élu de l’histoire de l’Assemblée Nationale. Un premier coup d’éclat pour celui qui va fonder le Front National en 1972. A l’époque, peu de gens connaissent celui qui se présente comme étudiant et rares sont ceux qui pouvaient lui prédire un tel avenir dans le monde politique. En 1974, quand il obtient 0,75% des voix, il est encore perçu comme un trublion inoffensif.  Mais l’homme persiste, résiste à un attentat à la bombe contre son domicile et continue sa bataille contre le monde malgré son échec pour obtenir les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle de 81.

Le peuple est insensible à son charme, alors Jean-Marie Le Pen va adopter une nouvelle stratégie, celle des polémiques. Il dit des malades du Sida qu’ils « mettent en cause l’équilibre de la Nation », il remet en cause l’existence des camps d’extermination et soudain il effectue une percée. 14,39% des voix à l’élection présidentielle de 1988, un choc pour la France. Rebelote en 1995 où il enregistre 15% des voix.

Mais le vrai séisme vient en 2002, quand le patron du FN se qualifie pour le second tour de la présidentielle aux dépens de Lionel Jospin. Le summum de sa carrière. Largement battu par Jacques Chirac au second tour, Jean-Marie Le Pen peine à se réinventer et s’essouffle. Avec 10% des voix en 2007, il est le premier à sentir que le changement c’est maintenant. En janvier 2011, il cède, l’esprit tranquille, sa place à sa fille Marine. La haine de l’étranger, l’amour de la « vraie » patrie, l’homophobie, l’opposition à l’Euro, tous ces thèmes sont maintenant ancrés dans la pensée d’un électorat extrémiste qui ne cesse de grandir. Un socle qui maintient le FN a flot et le popularise.

Car à présent, ce n’est plus un vieux monsieur qui multiplie les outrances qui représente le parti. Mais une femme, quarantenaire, souriante et qui tente de rattraper la plupart des dérapages de son père. Elle ne vise plus les immigrés mais l’immigration, elle dit ne pas partager les propos de son père sur les camps d’extermination, et surtout elle bénéficie du braconnage de l’UMP sur ses terres. La politique de dédiabolisation du FN est en marche.

Résultat, Marine Le Pen réalise le meilleur score de l’histoire du parti frontiste avec 17,90% des voix. Elle termine troisième derrière Nicolas Sarkozy et François Hollande mais surtout loin devant Jean-Luc Mélenchon qui avait fait le pari de séduire l’électorat populaire. Mais si près d’un français sur cinq a voté Front National, c’est que les votants ne sont plus uniquement issus des milieux ouvriers. De plus en plus de gens voient en Marine Le Pen une solution crédible pour sortir de la crise, relancer la croissance et leur donner des emplois. Oubliées, les sorties médiatiques hasardeuses du père, vite passées à la trappe les photos de militants et élus FN faisant le salut nazi, les électeurs cherchent un exutoire à la période difficile que traverse le pays.

Et au vue de la progression constante du parti d’extrême droite, en 2022 cet exutoire pourrait se nommer Marion Maréchal-Le Pen. La benjamine du clan embrasse un parcours similaire à celui de Jean-Marie, a un sourire qui ressemble étrangement à celui de Marine, mais ne traîne pour l’instant aucune casserole. Jeune et plutôt séduisante, elle bénéficiera pleinement de la politique de dédiabolisation du FN dans les années à venir si elle ne fait pas de faux-pas.

Étudiante en droit, douée à l’orale et avec juste ce qu’il faut d’agressivité, Marion a pris tout ce qui plaît chez les deux générations précédentes. Et si elle gère bien son image, maîtrise ses émotions et contrôle ses sorties médiatiques, elle pourrait réaliser enfin le rêve de toute une famille. Un rêve qui a commencé le 2 janvier 1956.

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