Archives Ancien Menly Mis à jour le 10/05/2012 Rédigé par Julien Maron

Législatives en Algérie : les raisons d’un désamour populaire

Depuis ce matin, les Algériens sont appelés aux urnes pour élire quelques 462 députés dans ce premier scrutin, une législative, depuis le printemps arabe. Mais avec 15.5% de participation à 13h00, l’élection ne transcende pas les foules. Les partis islamistes quant à eux célèbrent déjà une victoire qu’ils considèrent acquise. En 2007, ils étaient 37% […]

Depuis ce matin, les Algériens sont appelés aux urnes pour élire quelques 462 députés dans ce premier scrutin, une législative, depuis le printemps arabe. Mais avec 15.5% de participation à 13h00, l’élection ne transcende pas les foules. Les partis islamistes quant à eux célèbrent déjà une victoire qu’ils considèrent acquise.

En 2007, ils étaient 37% à avoir voté lors de la législative. Mais depuis, le printemps arabe est passé par là et avec lui les revendications du peuple algérien. On s’attendait alors à une vraie mobilisation, et pourtant dans le pays d’Abdelaziz Bouteflika, la politique passe largement au second plan. «Les gens n’y comprennent pas grand-chose, législatives, assemblée, urne, ca ne leur parle pas. Et puis, on connait le résultat final.»

Ces mots sont signés Malik S., un jeune algérien qui fait ses études en France et qui regarde d’un air sceptique les élections législatives qui se déroulent dans son pays. «Au foot, c’est 22 hommes qui courent après un ballon et après c’est toujours le Barca qui gagne. Aux élections algériennes, c’est 21.5 millions de votants et à la fin c’est toujours le FLN qui gagne.» Cette pointe d’humour fait référence aux dernières élections qui ont eu lieu dans le pays depuis 1991 et que le parti de Bouteflika a toujours remporté.

Mais un an après le printemps arabe, la donne semble avoir changé en Algérie. Et depuis le début de la semaine, les formations islamo-conservatrices sont convaincues de leur victoire «par KO ou aux points» comme l’assure le chef de file du Mouvement de la société pour la paix (MSF). Cette formation qui regroupe plusieurs partis islamistes espère remporter plus de sièges que le Front de Libération Nationale et renforcer encore un peu plus la place de la religion dans la société algérienne.

Malik lui-même avoue ne pas être aller voter à l’ambassade pour les législatives. «Je ne crois pas que le résultat changera grand-chose au mode des vies des algériens, et c’est pour ça que personne ne va voter.» Pour participer enfin à un scrutin électoral qui le passionne, le jeune homme devra donc patienter qu’on lui octroie le droit de vote en France. Présidentielle 2017 ?

 

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