Archives Ancien Menly Mis à jour le 05/10/2010 Rédigé par Julien Maron

Le point sport : la mort à Vancouver du lugeur Nodar Kumaritashvili

La justice est indépendante et nulle volonté ici de remettre en cause les conclusions de l’enquête mais une décision autre aurait été bien plus surprenante et ce même si nombre de délégations et lugeurs avaient pointé du doigt la dangerosité de la piste et plus particulièrement encore ce fatidique virage où, le 12  février dernier, […]

Nodar Kumaritashvili La justice est indépendante et nulle volonté ici de remettre en cause les conclusions de l’enquête mais une décision autre aurait été bien plus surprenante et ce même si nombre de délégations et lugeurs avaient pointé du doigt la dangerosité de la piste et plus particulièrement encore ce fatidique virage où, le 12  février dernier, le lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili trouvait la mort. Les images choquantes et terribles avaient fait le tour du monde. On y voyait l’athlète, quelques heures avant la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver de Vancouver, violemment quitter la piste, s’encastrer contre un poteau puis succomber à ses blessures à l’hôpital. Voilà un sujet pour « Le point sport » de la rédaction de Menly.

Le rapport de la justice canadienne.

Sans trop de surprise donc, le juge chargé d’enquêter sur la mort du lugeur géorgien aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, l’hiver dernier, vient de conclure que les normes de sécurité de la piste de Whistler n’étaient pas suffisamment élevées mais qu’elles correspondaient aux normes de sécurité internationales et à celles des autorités des JO. Cherchez l’erreur. Insuffisantes mais en phase avec les normes de sécurité internationales de la discipline et les recommandations techniques des responsables des JO de Vancouver ? Oui. Point.

En clair la piste vient d’être reconnue comme potentiellement dangereuse à l’époque mais dans les clous de ce qu’autorisait la discipline… La famille de Nodar Kumaritashvili « appréciera » la subtilité de la nuance.

Similaire au rapport de la FIL.

Un rapport publié en août par la Fédération internationale de luge (FIL) avait déjà mentionné que cette mort était attribuable à une erreur de l’athlète ou encore son manque de descentes à l’entraînement (Nodar Kumaritashvili avait quand même effectué 20 passages sur la piste canadienne et cinq de plus lors des séances d’entraînement…). Des critiques avaient alors été entendues relayant le fait que les autorités refusaient de prendre leur responsabilité. On connait le jugement rendu.

Conclusions.

Aux dirigeants de fédération internationale de luge (FIL) et de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton, le magistrat canadien Tom Pawlowski recommande de revoir les procédures d’homologation des pistes et de précéder également à un audit de sécurité de celles-ci y compris en ce qui concerne l’emplacement et la structure des barrières de sécurité. Autant dire que rien n’est très clair sur la non dangerosité effective de la désormais tristement fameuse piste de Whistler tout comme les autres pistes de la discipline. Le Comité olympique géorgien a vivement réagi en qualifiant de « stupide » ce rapport attribuant l’accident mortel « au manque d’expérience » de leur lugeur « qui figurait officiellement parmi les 40 meilleurs mondiaux »  et qui n’aurait pas effectué suffisamment de reconnaissances avant le drame…

Certains rétorqueront alors qu’à l’instar de tout sport dit à risques la luge, et ses vitesses élevées, ne laisse pas place à l’approximation. Mais ce aussi bien dans les phases de reconnaissances et descentes d’essais comme sur la sécurité intrinsèque des infrastructures…

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