Grollande Hebdo n°4 : portrait, cannabis, excès de vitesse…
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Grollande Hebdo n°4 : portrait, cannabis, excès de vitesse…

Suivez sur Menly, le résumé de la présidence Hollande, semaine après semaine…  Un portrait officiel, des entretiens avec les chefs de partis, une polémique à propos du cannabis et une séquence bisous… François Hollande a été sur tous les fronts cette semaine. Politique fiction – Il aura beaucoup été question de nature cette semaine. Au […]

Suivez sur Menly, le résumé de la présidence Hollande, semaine après semaine… 

Un portrait officiel, des entretiens avec les chefs de partis, une polémique à propos du cannabis et une séquence bisous… François Hollande a été sur tous les fronts cette semaine.
Politique fiction – Il aura beaucoup été question de nature cette semaine. Au portrait officiel champêtre du Président a succédé le retour du débat sur la dépénalisation du cannabis. François Hollande a également trouvé le temps de faire un excès de vitesse sur les routes françaises. Une semaine menée à plus de 100 à l’heure donc…

Samedi 2/Dimanche 3 juin 2012 : des relations tendues

En rencontrant Vladimir Poutine, François Hollande avait fort à faire. Ce n’est pas tous les jours que l’on se retrouve confronté à un tueur du KGB. Avant son entrevue avec le nouveau président russe, François Hollande s’entretient avec Jean-Pierre Bel, président du Sénat. «Si jamais tu ne survis pas, sache que ce sera un honneur de te remplacer» (le président du Sénat devenant président par intérim en cas de vacance du pouvoir). Si le président de la République goûte peu à cet humour franchement limité, il sait qu’il va vivre de longues heures d’angoisse face à son interlocuteur. Leur désaccord à propos de la Syrie va forcément faire des étincelles.

Pourtant, à la fin d’un repas arrosé à l’alcool à 90° (ne faites jamais ça chez vous), Vladimir et François trouvent un terrain d’entente. Les deux hommes sont d’accord sur les cas iranien et nord-coréen. Un bon début. En revanche, aucune avancée n’est réalisée à propos de la Syrie. Lorsque la conférence de presse commune des deux chefs d’Etat se termine, François Hollande prononce une phrase qui restera à jamais inscrite dans les manuels d’histoire : «Chérie, pour les vacances à Moscou, c’est râpé».

Dans le même temps, un autre couple tente tant bien que mal de prouver son entente exemplaire. Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry s’affichent, unis, dans la bataille des législatives. Mais après le meeting nantais qui les réunit, les deux politiques partent chacun de leur côté, non sans échanger quelques amabilités. «Tu as bonne mine Martine, l’inactivité te réussit», lance le premier ministre. Réponse du tac au tac : «Au fait, ne déballe pas les cartons dans ton bureau. Quand tu auras pris une taule aux législatives, c’est moi qui récupèrerai ta place».

Lundi 4 juin 2012 : se faire tirer le portrait

La France est en ébullition, en ce début de semaine. Elle va enfin découvrir à quoi ressemble le portrait du Président réalisé par Raymond Depardon. Après de longues heures d’attente, on découvre donc le président de la République dans la cour de l’Elysée, debout, les bras le long du corps. «On dirait un touriste qui se prend en photo devant un musée. C’est pas ta vraie photo, c’est un fake, avoue !», lui envoie Nicolas Sarkozy, à peine rentré de Marrakech, par texto. «Je n’ai jamais vu de plus beau portrait», assure, au contraire, Valérie Trierweiler. La première Dame émet tout de même une réserve : «Ça aurait été mieux s’il y avait eu une présence féminine à tes côtés…» Non sans humour notre Président lui rétorque que «Ségolène n’était pas disponible». Le trait d’esprit n’est pas apprécié à sa juste valeur par sa compagne.

Mais le Président n’a pas le temps pour ces affaires de seconde importance et doit mener des entretiens avec les chefs de partis. François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement et Jean-François Copé se succèdent dans son bureau. Ce dernier est d’ailleurs étrangement amical avec François Hollande. «Vous savez, je suis le seul avec qui vous pourriez vous entendre à droite», lui dit-il, ajoutant : «Si jamais vous perdez aux législatives, je pense que nous formerions une bonne équipe». Le Président ne se laisse pas démonter par cette vile attaque. «C’est certain Jean-François. Il serait tout de même cocasse de voir qu’il aura fallu un président de gauche pour que vous accédiez à la fonction que monsieur Sarkozy, que vous avez soutenu, vous a toujours refusée».

La polémique du jour concerne le concert de la chanteuse Madonna à Tel-Aviv (Israël). La photo de Marine Le Pen, assortie d’une croix gammée, y a été diffusée sur grand écran. Interrogée sur le sujet, Najat Vallaud-Belkacem déclare : «C’est malheureux».
«Tu n’as dit que ça ? S’étonne François Hollande
- Oui… Et encore, c’est Jean-Marc qui m’a forcée !»

Mardi 5 juin 2012 : roll one, smoke one

Cécile Duflot aime donner son avis. Et aujourd’hui, celle qui est encore pour quelques jours la numéro 1 des Verts a décidé d’exprimer, à titre personnel, sa volonté de voir dépénaliser l’usage du cannabis. Une déclaration qui ne plaît pas à François Hollande. Le président de la République la convoque séance tenante dans son bureau : «Le problème avec vous les écolos, c’est que pour parler de fumette et d’herbe, vous êtes les premiers. Mais niveau énergies renouvelables, on vous attend toujours, hein». La ministre de l’Egalité des territoires ne s’attendait pas à se faire souffler dans les bronches et n’ose piper mot.

Inspirée, Martine Aubry a, elle aussi, décidé d’embêter le duo Hollande/Ayrault et réclame des hausses d’impôts. Le premier ministre appelle la première secrétaire du PS dans la foulée de cette déclaration. «François dit que si tu veux payer plus d’impôts, ça peut toujours s’arranger…»

Libéré de ses engagements présidentiels, le couple Sarkozy s’offre du bon temps avec une séance de cinéma. L’ancien Président s’est rendu à la projection du Serment de Tobrouk, le film de Bernard-Henri Lévy. François Hollande, cinéphile à ses heures perdues, demande ses impressions à son prédécesseur. Sa réponse : «On voulait voir Men In Black III mais BHL nous a coincés».

Mercredi 6 juin 2012 : à toute vitesse

En allant rendre hommage aux Alliés à Caen, François Hollande ne pouvait se douter que ses équipes allaient mettre à mal ses promesses de normalité. Roulant à 160km/h au lieu de 130, le cortège du Président a enfreint le code de la route. En rentrant à son domicile, le chef d’Etat prépare une lettre de démission qu’il compte envoyer au Conseil Constitutionnel. «(…) Moi, président de la République, j’ai failli à ma mission. J’ai menti à mon peuple et agi comme un criminel (…) moi, président de la République, je ne mérite ni la confiance que vous m’avez accordée, ni les responsabilités que vous m’avez confiées (…) mille pardons pour les souffrances que vous avez endurées sous ma présidence et à bientôt, chers compatriotes et amis».

Assistant à la scène, Valérie Trierweiler sent qu’il est temps d’intervenir. «Si tu t’en vas, dis-toi que Nicolas Sarkozy va revenir». Requinqué, le Président déchire sa lettre. «Ça, jamais !» Traité le soir-même de «Jean-foutre» par Jean-Marie Le Pen, François Hollande se sent plus que jamais à l’aise dans ses baskets de président. Il demande toutefois à la justice de préparer sa mise en examen pour juillet 2017, lorsqu’il sera de nouveau un justiciable lambda.

Jeudi 7 juin : big bisous

Ce matin, branle-bas de combat à l’Elysée. Valérie Trierweiler reçoit une journaliste de France Inter.  La compagne de François Hollande a convoqué Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, dans son bureau. «Je veux que mon service de sécurité soit présent dans la pièce durant l’intégralité du rendez-vous. Placez le GIGN devant les portes du bâtiment. Je veux des tireurs d’élite postés aux quatre coins du quartier et j’exige… qu’on m’apporte un café», ordonne-t-elle. L’interview de la première Dame se déroule sans accroc. Si le service de sécurité réclamé n’a pas pointé le bout de son nez, la journaliste a tout de même eu sa dose de caféine.

François Hollande a, une nouvelle fois, de nombreux rendez-vous à gérer. Il reçoit notamment Son Altesse Al-Thani, premier ministre du Qatar. Le président de la République prend un air grave. «La note de l’Espagne va être dégradé, annonce-t-il. Vous savez ce que ça veut dire ?». Al-Thani, surpris de l’annonce, ne répond rien. «Il faut formuler une offre pour Léo Messi dès maintenant. On en a assez de Gameiro et Hoarau». Le premier ministre qatari semble surpris. «Je ne suis pas président du PSG», répond l’intéressé. Hollande insiste : «Vous savez ce que veulent les Français ? Un beau championnat. Alors faites le nécessaire…»

Pour finir, un peu de tendresse dans ce monde de bruts. En visite dans une école maternelle, François Hollande a droit à des bisous de tous les enfants présents sur place. «Je suis le président des bisous», s’amuse-t-il. Là où son prédécesseur se faisait insulter ou tirer par la veste, il a droit à un peu d’affection. Ce soir, François Hollande est un homme heureux.

Vendredi 8 juin 2012 : quand l’Euro va tout va

François Hollande est tendu. Est-ce sa rencontre avec Mahmoud Abbas qui le stresse ? Non, le Président commence à avoir l’habitude des rendez-vous internationaux. Est-ce la proposition de Jean-Michel Baylet de voir le cannabis distribué en pharmacie qui l’agace ? Non, le Président a l’habitude des… prises de position de son entourage.

Non. Aujourd’hui, François Hollande est surtout préoccupé par le championnat d’Europe des nations qui débute en Pologne en fin de journée ! Il y a quelques jours, le président de la République a annoncé que son gouvernement n’irait pas assister aux matchs en Ukraine en guise de protestation envers la situation du pays. Mais François Hollande a agi contraint et forcé. Lui, ce qu’il voulait, c’était aller tâter la gonfle et vibrer aux rythmes des exploits de Karim Benzema et sa bande. Contrarié, il prend tout de même le temps d’accorder son soutien à Mahmoud Abbas, le président palestinien. Mais, distrait par la diffusion de Pologne-Grèce, le Président n’a pas spécialement fait attention à son invité. Une source proche de l’Elysée affirme même que le Président aurait demandé : «Qui c’était déjà ?», après le départ de son interlocuteur.

François Hollande arrivera-t-il à faire plier son gouvernement et à assister à un match de l’Euro en Ukraine ? Nicolas Sarkozy ira-t-il voir Men In Black III ? Le cannabis sera-t-il légalisé ? Toutes les réponses à ces questions dans une prochaine édition de Grollande Hebdo.

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