Gouvernement de François Hollande : vers la fin de l’état de grâce?
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Gouvernement de François Hollande : vers la fin de l’état de grâce?

C’était il y a tout juste un mois et un jour. François Hollande, fraîchement élu président de la République, s’envoie en l’air avec deux jet privés pour rejoindre la capitale où ses militants l’attendent pour faire la fête. La presse ne s’émeut pas, les électeurs non plus, après tout c’est bien normal de prendre l’avion […]

C’était il y a tout juste un mois et un jour. François Hollande, fraîchement élu président de la République, s’envoie en l’air avec deux jet privés pour rejoindre la capitale où ses militants l’attendent pour faire la fête. La presse ne s’émeut pas, les électeurs non plus, après tout c’est bien normal de prendre l’avion pour une distance de près de 500 km.

La droite, battue et abattue, tente de relever mais l’information n’intéresse pas. A cette époque là, François Hollande bénéficie du fameux « état de grâce » et pourrait même tweeter une photo de lui en train de faire du pole dance que personne ne dirait rien.

Jean-Marc Ayrault aussi voit sa côte de popularité grimper en flèche bien que personne ne le connaissait trois semaines avant l’élection. Globalement, toute la gauche et les ministres bénéficient d’une opinion positive en ce début de quinquennat où la météo n’épargne rien au nouveau président.

François Hollande va multiplier les rencontres au sommet, son gouvernement va commencer à mettre en place les réformes et l’été s’annonce plutôt tranquille du côté de l’Elysée.

Mais voilà, alors que tout se passait bien, Cécile Duflot commet une « erreur de jeunesse gouvernementale » comme le dit Claude Bartolone, député PS. La ministre du Logement se dit favorable à une dépénalisation du cannabis qu’elle assimile maladroitement à la cigarette et à l’alcool. Somme tout ceci n’est pas une surprise puisque Europe-Ecologie-Les Verts a toujours défendu ce point de vue, Duflot en tête puisqu’elle en est la secrétaire générale. Seulement l’UMP va se jeter sur l’occasion pour (trop) s’indigner et créer le buzz. Ça n’y manque pas, Jean-Marc Ayrault se désolidarise des propos et on sent un malaise régner à la sortie du conseil des ministres d’hier. Un premier couac dont le gouvernement va se sortir sans trop de dégât.

Après Matignon, c’est à l’Elysée de faire le buzz. Le président normal, celui qui prend la voiture pour aller en Belgique ou aux commémorations du débarquement en Normandie est pris en flagrant délit. Sa DS5 hybride est « flashée » par les journalistes de BFM TV à 160km/h. Rien de bien méchant et plutôt cocasse même, mais ça fait déjà deux bourdes en deux journées, un ratio plutôt morano-hortefeux-sarkozyste.

Les gens seront plutôt enclins à pardonner ces premiers faux-pas tant ils sont heureux du changement immédiat qu’apporte le nouveau président. Mais les avis seront-ils aussi favorables après l’annonce des chiffres du chômage? L’INSEE rapporte ce matin que pour la première fois depuis 1999, le taux de chômage atteint la barre mythique des 10%.

Un chiffre qu’on ne peut évidemment pas attribuer à François Hollande et à l’action de son gouvernement comme le martèle Michel Sapin, ministre du Travail, ce matin au micro de France Info. Pas sûr que tous l’entendent de cette oreille. La multiplication des sorties de ténors de l’UMP quant aux folles dépenses du gouvernement (20 milliards depuis un mois), les critiques internationales de la réforme des retraites de Marisol Touraine, et plus récemment la leçon d’économie de l’Allemagne à la gauche française, ne font qu’accentuer la crainte de certains de voir le pays s’enfoncer dans la crise. Une crainte qui pourrait vite se transformer en critiques, puis à terme, vers la fin de l’état de grâce.

 

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