Emeutes anti-américaines : l’erreur stratégique de Mitt Romney
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Emeutes anti-américaines : l’erreur stratégique de Mitt Romney

En s’attaquant à Barack Obama, le candidat républicain à la présidence américaine est allé à l’encontre du bon sens et de son propre intérêt. L’ancien gouverneur du Massachusetts a commis un crime de lèse-patrie qui pourrait bien lui coûter la victoire. En période de crise, les Américains ont pour habitude de tous se réunir derrière […]

En s’attaquant à Barack Obama, le candidat républicain à la présidence américaine est allé à l’encontre du bon sens et de son propre intérêt. L’ancien gouverneur du Massachusetts a commis un crime de lèse-patrie qui pourrait bien lui coûter la victoire.

En période de crise, les Américains ont pour habitude de tous se réunir derrière la bannière étoilée, quelle que soit leur couleur politique. La mort de l’ambassadeur et de trois fonctionnaires américains à Benghazi, a logiquement amené les responsables politiques à condamner d’une seule et même voix les émeutes qui se déroulent actuellement en Egypte, en Libye, au Yémen, en Iran et en Tunisie. Tous ? Non ! L’irréductible Mitt Romney ayant préféré s’en prendre à Barack Obama. Un mauvais calcul qui vaut au candidat à la Maison blanche la désapprobation de l’opinion publique ainsi que celle de son propre camp.

Ces dernières heures, le républicain a multiplié les approximations quand il ne s’est pas totalement fourvoyé. En publiant d’abord un communiqué condamnant la « bienveillance de l’administration Obama » envers les assaillants des ambassades américaines et en dénigrant l’attitude de l’ambassade américaine du Caire – qui a déploré « les efforts continus déployés par des individus malintentionnés pour blesser les sentiments religieux des musulmans » -, Mitt Romney a prouvé sa méconnaissance de la diplomatie mais aussi son incompréhension de la chronologie des événements. Les reproches faits à l’ambassade du Caire ont, en effet, été réalisés avant même que celle-ci n’ait été l’objet d’une quelconque attaque.

Le Parti républicain ne le soutient pas

Mais Mitt Romney ne s’est pas arrêté là, réitérant ses attaques envers le président américain, quelques heures après avoir appris le décès de l’ambassadeur américain en Libye. Au moment où des personnalités du parti – l’ancien candidat John McCaine, notamment – appelaient à l’union et réclamaient justice, le candidat à la Maison blanche commettait une faute politique. Pis, une faute patriotique. Politico pointe également du doigt l’attitude de Romney, dont le visage affichait une certaine satisfaction à l’idée d’avoir trouvé un angle d’attaque envers Barack Obama.

Un parallèle peut être établi entre ces événements et les tueries de Toulouse et Montauban. En pleine présidentielle, les candidats avaient suspendu leur campagne afin d’afficher leur unité, laissant Nicolas Sarkozy gérer la crise. Une attitude qui avait permis à la classe politique française de sortir grandie. Visiblement, Mitt Romney avait d’autres préoccupations.

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