Archives Ancien Menly Il y a 2 années Rédigé par Julien Maron

Bachar-al-Assad, Ben Ali, Kadhafi : pourquoi la France accueille-t-elle les dictateurs

Tous les présidents de la République ont en commun d’avoir joué les hôtes pour un chef d’Etat aux tendances (légèrement) despotiques. Mais si nos dirigeants le font, c’est qu’ils ont de bonnes raisons. Quels sont les points communs entre Bachar al-Assad, Mouammar Kadhafi et les rois du Bahreïn et du Maroc ? Outre une forte […]

Bachar-al-Assad, Ben Ali, Kadhafi : pourquoi la France accueille-t-elle les dictateurs

Tous les présidents de la République ont en commun d’avoir joué les hôtes pour un chef d’Etat aux tendances (légèrement) despotiques. Mais si nos dirigeants le font, c’est qu’ils ont de bonnes raisons.

Quels sont les points communs entre Bachar al-Assad, Mouammar Kadhafi et les rois du Bahreïn et du Maroc ? Outre une forte propension à rayer le mot « démocratie » des dictionnaires de leur pays, ces chefs d’Etat sont tous venus rendre visite à nos présidents. Alors, certes, d’un point de vue éthique, on peut se poser quelques questions mais nous avons tout de même d’excellentes raisons de les accueillir chez nous.

1. C’est bon pour les affaires

Manque de bol, dans une économie mondiale en crise, ce sont les dictateurs qui disposent du meilleur pouvoir d’achat. En 2007, Mouammar Kadhafi ne vient pas à l’Elysée dans le seul but de planter sa tente dans le jardin du palais présidentiel et faire griller des marshmallows au feu de camp. Il signe également un protocole d’accord pour l’achat de 14 Rafales. Nicolas Sarkozy n’était-il donc qu’un horrible président affairiste prêt à sacrifier la démocratie sur l’autel du profit ? Rééquilibrons les comptes : le roi du Bahreïn, reçu par François Hollande, n’est pas à ranger dans la catégorie des maigres bourses non plus. D’ici à ce que des investissements venus du Royaume nous tombent miraculeusement dessus…

2. On espère toujours les rendre gentils

La France est une sorte de mère Thérésa de la diplomatie. « Il ne faut pas isoler les peuples », « nous saluons les efforts diplomatiques réalisés par ce pays depuis quelques mois »… Toutes les excuses sont bonnes pour passer de la pommade aux dictateurs et tenter de les adoucir. Dernier en date à avoir eu droit au concert de louanges de nos politiques : le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Au fait, quelqu’un a-t-il des nouvelles ?

Manifestations pour le 1er anniversaire du départ de Ben Ali :

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3. Ça réveille notre fibre militante

C’est bien beau de manifester dans les rues de Paris pour la libération du Tibet une fois tous les douze ans mais rien ne vaut la venue d’un bon dictateur pour réveiller les instincts humanitaires de chacun d’entre-nous. Les médias s’insurgent pendant que les discussions autour du gigot dominical s’enflamment. D’un point de vue politique, l’opposition du moment tape sur le gouvernement du moment. Et, si l’on a de la chance, on a même droit à quelques punchlines bien senties. «Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort », déclarait Rama Yade, alors secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme.

4. Les dictateurs qui viennent chez nous finissent par tomber

Mouammar Kadhafi vient rouler des mécaniques dans le jardin de l’Elysée en 2007 et se fait renverser (et tuer) en 2012. Bachar al-Assad fait du shopping sur les Champs en 2008 et son régime s’approche inéluctablement de son crépuscule. Zine el-Abidine Ben Ali est soutenu par la France et perd le pouvoir puis part en exil lors du Printemps arabe. Laurent Gbagbo aussi était venu claquer la bise à Jacques Chirac en 2004 pour le résultat que l’on connaît. Tremble, Vladimir Poutine !

La fin de Mouammar Kadhafi :

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