Accord européen : comment Angela a été piégée
Archives Ancien Menly Mis à jour le Rédigé par Julien Maron

Accord européen : comment Angela a été piégée

Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Allemagne a dû céder face aux exigences de ses interlocuteurs européens. La chancelière s’est tout simplement retrouvée prisonnière de l’engrenage des accords. «Pas de pierre, pas de construction. Pas de construction, pas de palais. Pas de palais… Pas de palais », disait Amonbofis dans Astérix : Mission […]

Pour la première fois depuis le début de la crise, l’Allemagne a dû céder face aux exigences de ses interlocuteurs européens. La chancelière s’est tout simplement retrouvée prisonnière de l’engrenage des accords.

«Pas de pierre, pas de construction. Pas de construction, pas de palais. Pas de palais… Pas de palais », disait Amonbofis dans Astérix : Mission Cléopâtre. Et, mine de rien, c’est un peu ce qui est arrivé à cette pauvre Angela Merkel, prise au piège lors du dernier sommet européen.

Pour faire ratifier le Mécanisme européen de stabilité (MES) par son Parlement, la chancelière allemande doit réunir la majorité des deux tiers. Pour ce faire, il lui faut donc l’accord de l’opposition, le SPD, conditionné par la ratification du pacte de croissance défendu corps et âme par notre François Hollande. Jusque-là, tout va bien.

Italie-Espagne Vs Allemagne

Les dirigeants européens se sont donc réunis à Bruxelles pour signer ledit pacte. Manque de bol, deux d’entre eux, Mario Monti et Mariano Rajoy, non contents d’avoir atteint la finale du Championnat d’Europe des Nations, ont décidé de soumettre leur signature à condition. L’Espagne demande un prêt du fonds de soutien européen pour recapitaliser ses banques et la possibilité, à terme, de se défaire des dettes contractées auprès de ce fonds. De son côté, l’Italie exige de pouvoir faire intervenir le fonds de stabilité pour racheter sa dette sans avoir à remplir de conditions autres que celles auxquelles se plie déjà le pays en tant que membre de la zone euro.

Angela est donc prête à faire les gros yeux pour calmer ces méditerranéens au sang chaud mais c’était sans compter l’intervention de la France. François Hollande se range du côté de ses voisins latins. Dès lors, la situation se complique. A trois contre un, Angela risque de ne pas ramener le pacte à la maison. On résume : « Pas de pacte, pas de soutien du SPD. Pas de soutien du SPD, pas de vote de la MES. Pas de vote de la MES… ». L’Allemagne capitule et accepte. Reste que le MES devra également être soutenu par la majorité. Si tel n’était pas le cas, l’Allemagne aurait signé pour rien. Voilà qui pourrait être fâcheux.

Et les eurobonds dans tout ça ?

Les Allemands se félicitent toutefois de ne pas avoir cédé sur l’essentiel, à savoir la mutualisation des dettes européennes. Mais maintenant que ses partenaires ont compris le coup, il n’est pas difficile d’imaginer les dirigeants européens tenter un nouveau coup de bluff digne des meilleures scènes d’Ocean’s Eleven pour obliger « Angie » à accepter les eurobonds. Il est bien loin le temps où Angela Merkel et Nicolas Sarkozy étaient les seuls shérifs en ville…

Tremble, Allemagne, tremble. Les Européens te tiennent désormais dans le creux de leurs mains !

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