Free Mobile : Xavier Niel balance sur Orange, SFR et Bouygues Télécom
Smartphone Le 22 juin 2012 Rédigé par Julien Maron

Free Mobile : Xavier Niel balance sur Orange, SFR et Bouygues Télécom

Free Mobile - Xavier Niel

Xavier Niel repart au combat contre le trio de la téléphonie mobile Orange – SFR – Bouygues Télécom. Le patron de Free Mobile a publié une tribune dans le journal Les Échos de ce vendredi 22 juin. Et il se montre pour le moins offensif.

On pensait pourtant que Xavier Niel s’était calmé après son mea culpa sur sa conférence de presse du 10 janvier dernier et ses critiques envers Orange, SFR et Bouygues Télécom. Que nenni. Tel un Hatem Ben Arfa des télécoms, le patron d’Iliad repart de plus belle.

Il s’offre ce matin une tribune dans le journal Les Échos où il livre ses vérités sur Free Mobile. Tout y passe ou presque : emploi, réseau et petites pics bien sentis contre Orange, SFR et Bouygues Télécom !

La création de Free Mobile

Xavier Niel rappelle que la mise sur le marché d’une 4e licence mobile et donc la création de Free Mobile est le fruit d’un consensus de bon nombre d’institutions : « À peu près toutes les institutions à même d’avoir un avis éclairé sur le sujet se sont montrées favorables à l’attribution d’une quatrième licence : l’Autorité de la concurrence, l’Arcep, la Commission européenne, l’OCDE, la commission Attali, les associations de consommateurs… « .

Il n’hésite pas au passage à rappeler que les trois opérateurs historiques, « l’oligopole » comme il l’appelle, ont été sanctionnés par l’Autorité de la concurrence en 2005 pour entente illicite.

Free Mobile et l’impact sur l’emploi

Orange, SFR et Bouygues Télécom n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur Free Mobile et les conséquences de son arrivée en particulier sur l’emploi. SFR a même annoncé un plan social ces dernières semaines. La faute aux plusieurs milliers d’abonnés partis voir ailleurs.

Sauf que Free Mobile n’en serait pas la cause directe. Xavier Niel argumente, chiffres à l’appui : « Il baisse depuis des années dans notre secteur, passant de 156.000 postes en 1998 à 124.000 en 2009, année où il s’est stabilisé. Depuis, le secteur connaît une légère croissance. Effet de la quatrième licence ? L’installation de centres d’appels offshore sous-traités a commencé il y a bien longtemps, du temps de l’oligopole soucieux de sa rente. Ce n’est donc en rien un effet de la récente concurrence« .

Xavier Niel balance aussi sur le réseau de distribution physique d’Orange, SFR et Bouygues Télécom. Il capte selon lui « jusqu’à 70 % du volume d’affaires ». Un sérieux coup pour les boutiques indépendantes : « Plusieurs des grands réseaux indépendants ont apporté leur soutien écrit à notre candidature. Affirmer aujourd’hui que Free Mobile met à mal les boutiques indépendantes témoigne d’un problème de mémoire ou de compréhension ».

Enfin, il apporte ses propres chiffres sur l’emploi au sein de son entreprise : « Free a recruté plus de 1.500 personnes sur la dernière année pour son activité mobile, auxquelles s’ajoutent les nombreux emplois indirects. Free avait un centre d’appels en France en 2008, il y en a cinq aujourd’hui, avec des effectifs qui ont quintuplé ».

Free Mobile et l’investissement

Le patron de Free Mobile évoque aussi le volet investissement. Il estime que le ratio investissement – chiffre d’affaires est largement en sa faveur. La faute selon lui aux dividendes que versent Orange, SFR et Bouygues Télécom à ses actionnaires alors que le groupe Iliad n’en distribue pas ou très peu : « France Télécom, SFR et Bouygues Telecom ont des investissements qui représentent de 12 % à 20 % de leur chiffre d’affaires. Iliad est à plus de 50 % en 2011. Et regardons ensuite le taux de distribution des dividendes… il est colossal chez nos concurrents, quasi nul chez nous. Cela veut dire que l’oligopole distribue des dividendes beaucoup plus qu’il n’investit et ces dividendes partent très majoritairement chez des investisseurs institutionnels rarement domiciliés en France… »

Xavier Niel se pose même en « bouc émissaire ». Pour lui, sa branche mobile succède aux prétextes des taxes pour justifier la rigueur : « L’objectif est toujours le même, maximiser le dividende en se cachant derrière un bouc émissaire ».

Free Mobile et le « plus » pour le consommateur

Le patron de Free Mobile ne peut pas s’empêcher de tailler un costard à la concurrence sur le manque de visibilité de ses offres avant son arrivée : « Chacun des opérateurs gérait des centaines d’offres différentes dans son système d’information. Les cartes prépayées vendaient la minute de communication entre 30 et 55 centimes d’euro pour un coût de production de quelques centimes ; le « forfait social » proposait 40 minutes de communication par mois pour 10 euros. Légitime de faire 80 % de marge sur les plus modestes ? Les forfaits illimités étaient proposés autour de 180 euros par mois en 2008 quand le projet de quatrième licence était moribond, puis autour de 80 euros quand l’appel d’offres a été ouvert, et miraculeusement, quelques mois avant le lancement commercial de Free Mobile, de 24,90 euros. Quels gains de productivité en quelques mois ! »

Xavier Niel achève sa tribune par une ultime critique envers Orange, SFR et Bouygues Télécom sur l’apport de Free Mobile pour le consommateur : « Le consommateur quant à lui voit l’usage de son téléphone libéré grâce aux forfaits illimités enfin accessibles… Le gain immédiat de pouvoir d’achat pour beaucoup de foyers français est considérable ».

Pour lire en intégralité la tribune de Xavier Niel dans le journal Les Échos de ce vendredi 22 juin : cliquez ici.

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